Célérité cérébrale...

Publié le par apres21h

Je parlais de ma petite puce et de son mode d'emploi en japonnais ici, et si tu suis mon blog depuis quelque temps, tu as vu que je parle souvent de ma fripouille (mon ainé),et aussi de toutes les petites choses éducatives que je mets en place pour l'aider dans ses devoirs. Certes j'ai toujours pensé que l'on aprend mieux quand les apprentissages sont présentés de façon ludique et attrayante, mais une autre réalité, me pousse sans cesse vers les apprentissages alternatifs mon fiston comme sa soeur est lui aussi un enfant différent.

 

Nous avons appris fortuitement, que notre fiston était un E.I.P... E.I.P kesako? Celà signifie Enfant Intellectuellement Précoce.

Alors attention ami lecteur, je sais ce que tu te dis, pourquoi mettre en place des choses pour aider un enfant intelectuelement précoce? un enfant surdoué, n'a aucun problème à l'école, c'est un enfant sage, calme, qui écoute et réfléchi. Il se réfugie des heures entières dans sa chambre pour lire, c'est un enfant qui porte des lunettes et suit en classe. C'est un peu le chouchou du prof... c'est ce que tu penses? et bien c'est ce que je pensais moi aussi! jusqu'à ce que l'on m'explique que seulement 30% des enfants précoces correspondaient à cette image.

Et notre fripouille se situe dans les 70% restant... pfff on ne peut pas tout avoir! aller je vais tout t'expliquer.

 

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Je vais commencer par une petite définition de ce qu'est un enfant précoce:

En terme de chiffres, c'est un enfant dont l'age mental est de 2 à 7 ans en avance sur son age réel, c'est à dire qui a (selon les échelles de mesure utilisées), un Q.I supérieur à 125 (la moyenne admise étant de 100). Mais au delà des chiffres, c'est d'abord un enfant, mais dont le fonctionnement cérébral est différent.

 

Notre fripouille a été un nourisson très difficile pour nous ces jeunes parents (c'était notre premier...), il dormais peu, pleurais énormément. Il était très agité, bougeait sans cesse. Vers 10 mois (oufffffffffffffffffffff), les pleurs se sont calmés pour laisser place au langage, d'abord des mots isolés, puis très rapidement l'association de 2 mots (vers un an), puis vers 18 mois, des phrases très construites avec sujet, verbe complément du genre: "Maman, regarde une montgolfière"... à 2 ans il parlait comme il parle maintenant, avec juste du vocabulaire en moins, sans jamais déformer les mots, et en utilisant, des liaisons telles que "ensuite...", "parfois...". Pour nous tout celà était normal, nous n'avions aucun point de comparaison, et d'ailleurs il n'était pas en avance sur tout, il a  marché à un age normal (14 mois), mangeais comme un cochon, ne s'habillait pas seul (et ne voulait d'ailleurs pas essayer...), ne faisait que des gribouillis informes, et n'arrivait pas à se concentrer sur quoi que ce soit plus de 5 minutes.

Quant il a eu enfin l'age de rentrer en maternelle (en fait 2 ans et 9 mois car il est du mois de décembre), nous nous sommes dit que tout allait bien se passer, il avait hâte...

 

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[NPTL ON] Tu vois le moche mur derrière mon adorable fils? et bien il est assez représentatif de la maison... et surtout 5 ans plus tard il n'a toujours pas changer!... [NPTL OFF].

 

Ces trois années de maternelle se sont bien déroulées, il avait d'excellents résultats, bien que l'on nous dise qu'il était très bavard.

En grande section, deux enfants de la classe ou était la fripouille on été détecté intellectuellement précoces, et sont passés au C.P en cours d'année, c'était des enfants très sérieux, et plutôt sages qui savaient déjà lire, et qui connaissaient déjà toutes les réponses aux exercices... ce qui n'était pas le cas de la fripouille, il ne savait pas lire, et perturbait  la classe par des bavardages incessants, et des questions sans cesse renouvellées. Alors j'étais loin de m'imaginer que mon fiston était comme eux!...

Bref, la fripouille passe au C.P... et les ennuis commencent (comme pour 55% des E.I.P).

 

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J'ai d'abord déploré en mon fort intérieur, que dans sa classe, la maitresse mette plus d'energie a sanctionner l'erreur, qu'a récompenser la réussite.

Au premier trimestre j'ai été étonnée d'apprendre que le fait que la fripouille ai dit à sa maitresse qu'il savait lire en début d'année (ce n'était pas tout à fait vrai, il déchiffrait un peu seulement), était indécent et anormal, et qu'il ne devait pas se vanter...

Au second trimestre, je me suis accrochée clairement avec son enseignante, concernant le type de livre emprunté à la bibliothèque (on avait dit à mon fiston, qu'il devait cesser d'emprunter des ouvrages techniques, et s'employer à emprunter des livres "de son age et de son niveau"), et j'ai appris qu'il était régulièrement exclu et envoyé dans d'autre salles de classe.

Au dernier trimestre, j'étais désolée et inquiète de voir, que mon fils ramenait des sanctions tout le temps pour des motifs aussi divers que "bavarde trop", "perturbe la classe", "écrit trop lentement", "oublie tout le temps ses stylos", "ne fini pas ses exercices"...

Je suis donc allée voir son médecin traitant, pour lui parler de tout celà, avec ses cahiers sous le bras. Son pédiatre m'a dit, qu'il y avait surement des difficultés de type trouble des apprentissages, déficit d'attention, puisqu'elle avait déja remarqué que mon fils était très intelligent et qu'il n'y avait aucune raison qu'il ne suive pas à l'école...

 

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Nous avons alors lancé,un processus de diagnostique, qui commençait avec un rendez-vous avec un neurologue. Nous avons téléphoné en juin 2010, et obtenu un rendez-vous en... janvier 2011...

Alors, à la rentrée, nous ne savions pas quoi faire... l'enseignante de notre fils a répondu à nos interrogations assez rapidement, puisqu'elle nous a convoqués, juste 3 semaines après la rentrée, pour nous faire part de ses remarques concernant notre fils.

Elle nous a dit des mots en vrac "feignant", "ne veut pas travailler", "perturbe la classe", "ne cesse de parler sans arrêt", "pose tout le temps des questions", "ne reste pas assis à sa place", perds ses cahiers et crayons"...

Nous lui avons répondu par les éléments en notre posséssion, ce que nous avait dit le pédiatre, et le rendez-vous avec le neurologue...

Elle nous a alors clairement dit, qu'elle doutait que la fripouille ai le moindre problème de santé, et que la seule chose qui lui serait utile c'est la fermeté et la sanction... et qu'en cherchant a excuser son comportement, nous ne lui rendions pas service.

Evidemment, suite à ce rendez-vous, l'année a été particulièrement tendue, et notre fils, ne voulait plus aller à l'école...

 

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Quand à nous, nous ne savions plus si nous devions croire, les déductions du pédiatre de notre enfant, ou bien les dires de la maitresse... Finalement, nous nous sommes rangés très rapidement à l'opinion du médecin, en nous disant, que si aucun problème n'était trouvé nous ressererions la vis.

Le neuropédiatre a émis plusieurs hypothèses, trouble de l'attention sans hyperactivité (TDA), désorganisation praxique, et d'autres choses. il a relevé, une hypotonie, des difficultés à se rhabiller seul, une grande vivacité d'esprit en décalage avec une certaine lenteur d'execution.

se sont donc succédés, plusieurs bilans, orthophoniques, orthoptiques, et psychychométriques, qui ont confirmé, les hypothèses du neuropédiatre. il a donc conclu à l'issue de ce bilan, que notre fripouille, était intellectuellement précoce, mais qu'un déficit d'attention et un trouble des acquisitions de la coordination, l'empêchait d'utiliser pleinement ses capacités.

Malheureusement, ce diagnostique n'est arrivé qu'à la fin du mois de juin, donc trop tard pour faire quelque chose pour l'année scolaire. Jj'ai quand même pris la peine de prévenir son enseignante, qui est restée sceptique sur l'origine des difficultés de la fripouille.

 

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J'espère que cette année les choses seront différentes.

D'abord, un bilan psychomoteur devrait parfaire le bilan global, et  apporter des éléments de réponse concernant les difficultés motrices.

Ensuite, parce que la réunion d'une équipe pédagogique va nous permettre d'informer la maitresse de notre fiston, de ses particularités, et de ses difficultés, et de mettre en place des aménagements scolaires.

Aussi, parce que cette année, il va aller dans une association qui prend en charge d'autres EIP, et qu'ils fonts ensemble des activités qui les interessent.

 Enfin parce que nous sommes clairs avec nous même sur l'origine de ses troubles.

Je te tiendrais informé de l'avancement de tout celà...

 

Publié dans Et les enfants

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Anne-Marie 31/10/2011 15:36


Le parcours de ces enfants est loin d'être facile. Et ce sont des enfants hyper sensibles. Enfin, le mien rame encore à 21 ans, est toujours suivi par un psy. Il n'était pas "dans le moule" et en
souffre énormément. Je te comprends dans tes doutes et tes incompréhensions. Ils ne réussissent pas tous brillamment comme tu l'as dit! Bon courage!


Armand 22/09/2011 14:16


Chère Après 21 heures,
Je suis bien plus vieux que toi (qualité d'avant guerre).
La guerre de 1940 a obligé ma Maman à m'enseigner pendant mes premières années.
Le résultat (on ne parlait pas encore de "psy" ou de "neurologue" pour un enfant "doué", en ce temps là) est que je suis entré en sixième primaire depuis ma campagne natale avec une bonne
avance
sur la "normalité".
Malgré de bons résultats scolaires et mon jeune âge, je ne me suis pas amusé comme j'aurais dû, à l'école.
Le bonheur n'est pas synonyme de réussite à l'école ou d'argent gagné dans la vie.
Amitiés
P.S. Le chemin d'une Maman est parfois bien laborieux...


marmome 22/09/2011 10:51


pas facile...cette situation!!! j'en ai 2 à la maison!!! la première fait partie des 70% comme ta progéniture et la seconde dans les 30% (pas toujours facile à gérer non plus!!!). Il y a eu des
"grrrrrr" avec les enseignants...j'ai même changé d'école après longue réflexion...et maintenant qu'elles ont quitté le primaire...ça se passe plutôt bien! Ma petite lélé s'ennuie parfois en cours
et dis qu'elle ne comprend pas tout (paradoxe??) et me ramène que des 20/20 (autre paradoxe!). Mais on gère...pas le choix!!! bizzzz


Plouf_le_loup 22/09/2011 09:16


Argh tu découvres en live le parcours de ceux qui n'entrent pas dans le moule scolaire ! Trop ci ou pas assez ça, même combat pour tous ! Les miens, de mouflets, sont bien plus heureux depuis qu'on
les a sortis de ce bourbier ! (ça n'est pas une incitation à faire pareil, pas précisément génial comme vie...) Pour ma part, j'ai vécu aussi tout ça côté enfant quand je l'étais, l'enfer !
(l'avantage, c'est que maintenant j'aime vieillir parce que tout ce qui m'éloigne de cette période horrible qu'a été mon enfance est une bénédiction)

Franchement, NON, ne te remets pas en question toi vis-à-vis de l'école (pour les autres sujets, c'est toi qui vois). Les enseignants subissent, dans notre pays, un lavage de cerveau à peu près
comparable à celui des médecins aujourd'hui (qui, eux, bien souvent, arrivent à en sortir mentalement en quelques années, ce qui est rarement le cas des profs). On leur baratine toute la journée
pendant des années qu'ils sont forts, supérieurs, incollables, experts psychologie infantile et en éducation, etc. Et pendant ce temps-là, on leur gave le bourrichon avec des notions générales de
vague culture, et on oublie de les former réellement à être face à une classe ou de leur enseigner des bases de pédagogie... Ce qu'ils feront, pour de rares cas, de leur propre chef dans la foulée,
s'ils arrivent à voir qu'ils ne sont pas compétents avec ce que l'Etat leur fournit comme formation. Les autres continueront à dormir sur leurs lauriers imaginaires. Alors franchement, non, ils ne
sont, en grande majorité, pas à suivre ! Et si tu en croises un qui est à la fois compétent et intelligent avec son coeur (il y en a encore !!), n'aie aucun doute : tu sauras le reconnaître au
premier coup d'oeil ! (sur 11 enseignants croisés pendant qu'ils étaient scolarisés, mes aînés en ont vu UN de ce genre, preuve que ça existe)

Bon courage ! (et ne perds pas de vue que les suivis ne doivent être que les indispensables, et qu'ils faut les arrêter dès que tu sens que leur effet "sans suivis je suis un incapable" risque de
prendre le pas sur l'esprit de ton loustic sur le sain "grâce aux suivis, je peux être plus libre et autonome" ;-) ).


Catherine 20/09/2011 20:12


C'est bien ce que je dis
les ligues de protections des animaux te harcellent dès que tu élève la voix après un clebs, mais on peu taper tranquilou sur un môme, parait que c'est de l'éducation
Bref, moi ça me révolte comme système
Quoi que j'ai aussi des problèmes avec ma seconde, je ne sais pas comment la prendre avec son caractère éruptif et ses angoisses chroniques (elle a peur d'aller seule à la boulangerie mais fait du
saut à l'élastique)j'essaye au maximum de valoriser tout ce qu'elle fait mais comme il faut se mettre à genoux pour qu'elle daigne débarasser la table (elle se débarasse des corvées sur la fratrie)
de temps a autre, j'explose et élève la voix